L’avenir du livre demande un estomac solide…
12 décembre 2009
Réfléchir sur l’avenir de l’objet-livre ressemble plus à une promenade en roller-coaster à Atlantic City qu’à une méditation sereine dirigée par un maître zen.
Par exemple, je me suis longtemps couché de bonne heure en croyant que les nouveaux supports allaient « iTinuzer » la littérature.
Notre civilisation de la vitesse, matérialisée par Internet, les SMS, l’iPOD et le plat à réchauffer au micro-ondes, laisse peu de place à la lecture de textes pour coureur de fond.
C’est une des raisons pour lesquelles, chez Robert NVPL, nous avions préféré publier des textes courts d’environ 800 mots, qui plus est sous forme de feuilleton, afin de provoquer d’autres manières d’écrire.
Toutefois, ces derniers mois, sont apparues de grosses briques en fichiers numériques, des Dan Brown, Stephen King et tutti quanti.
Puis, j’ai testé (après quelques mésaventures) un Sony-Reader en entamant les Misérables…
Révélation, illumination même! Le confort de lecture était remarquable, l’objet tenait bien en mains et Jean Valjean, Cosette et les Thénardier furent liquidés en quelques jours…
« Marcel et tes duchesses, lisse ta moustache, sort ton Ventolin, préviens ta maman, j’arrive…!» Me suis-je alors dit plein d’espoir.
Pendant ce temps, chez Robert NVPL…
Des auteurs s’essoufflent, d’autres se découragent, le mode feuilleton est difficile à garder pour nos pionniers.
Qu’à cela ne tienne, virage à 180 degrés, nous demandons désormais à nos créateurs des livres terminés, gros, petits, qu’importe! Une seule règle, ils doivent être complets…
Lundi 7 décembre. Je lis dans le NYTimes du samedi 5 décembre qu’Amazon vendra deux COURTES histoires inédites provenant de l’estimable magazine The Atlantic, deux textes exclusifs qu’Amazon vendra 3,99 $ chacun! « Il semble qu’il y ait une tendance, » annonce le vénérable Bezos, toujours prêt à remplir sa besace.
Oui, il y a une tendance. Celle des prix plancher. La majorité des titres vendus par Amazon pour son Kindle ne dépassent pas 9,99 $. Les consommateurs veulent des e-books certes, mais à des prix dérisoires. Ils se moquent des structures de distribution existantes. Pour eux, l’équation est simple. Pas d’imprimeur, grosse économie. Le reste est cuisine interne.
Dès lors, que faire?
Enseigner ladite cuisine interne au consommateur?
Découper Les Bienveillantes en 112 chapitres de 1,99 $?
Louer, à bas prix, des titres qui s’autodétruiront après, disons, 3 mois?
Adopter le modèle des compagnies de téléphones mobiles: un lecteur pour presque rien et des e-books à 20 $?
Chez Robert, le petit train revient de sa promenade en montagne russe. Nous avons trouvé, je n’ose pas parler de LA solution, mais UNE solution.
Coming next year at a theatre near you!
Jf Chetelat
